1 Tygozshura

Jean Mauriac Bibliography

François Mauriac - Bibliography

Selected works in French
1. Novels and stories
L'enfant chargé de chaînes. – Paris : Grasset, 1913
La robe prétexte. – Paris : Grasset, 1914
La chair et le sang. – Paris : Emile-Paul, 1920
Préséances. – Paris : Emile-Paul, 1921
Le baiser au lépreux. – Paris : Grasset, 1922
Le fleuve de feu. – Paris : Grasset, 1923
Génitrix. – Paris : Grasset, 1923
Le mal. – Paris : Grasset, 1924
Le désert de l'amour. – Paris : Grasset, 1925
Coups de couteau. – Paris : Trémois, 1926
Un homme de lettres. – Paris : Lapina, 1926
Conscience, instinct divin. – Paris : Emile-Paul, 1927
Thérèse Desqueyroux. – Paris : Grasset, 1927
Destins. – Paris: Grasset, 1928
Le démon de la connaissance. – Paris : Trémois, 1928
Dieu et Mammon. – Paris : Capitole, 1929
Trois récits. – Paris : Grasset, 1929
Ce qui était perdu. – Paris : Grasset, 1930
Le næud de vipères. – Paris : Grasset, 1932
Le mystère Frontenac. – Paris : Grasset, 1933
La fin de la nuit. – Paris : Grasset, 1935
Les anges noirs. – Paris : Grasset, 1936
Les chemins de la mer. – Paris : Grasset, 1939
La Pharisienne. – Paris : Grasset, 1941
Le sagouin. – Paris : La Palatine, 1951
Galigaï. – Paris : Flammarion, 1952
L'agneau. – Paris : Flammarion, 1954
Un adolescent d'autrefois. – Paris : Flammarion, 1969
 
2. Poetry
Les Mains jointes. – Paris: Falque, 1909
L'adieu à l'adolescence. – Paris : Stock, 1911
Orages, 1925
Le Sang d'Atys, 1940
 
3. Plays
Asmodée, 1938
Les Mal-Aimés, 1945
Passage du malin, 1948
Le Feu sur la terre, 1951
 
4. Autobiography and journals
Bordeaux. – Paris : Emile-Paul, 1926
Mes plus lointains souvenirs. – Paris : E. Hazan, 1929
Commencements d'une vie, 1932
Journal. – 3 vol. – Paris : Grasset, 1934-1940
Le Cahier noir. – Paris : Editions de Minuit, 1943
Mémoires intérieurs, 1959
Journal, 1932-1939. – Paris : Table Ronde, 1947
Journal. – Paris : Flammarion, 1953
Ce que je crois. – Paris : Grasset, 1962
Nouveaux mémoires intérieurs. – Paris : Flammarion, 1965
Mémoires politiques. – Paris : Grasset, 1967
 
5. Essays and journalism
Petits essais de psychologie religieuse. – Paris : Société Littéraire de France, 1920
La vie et la mort d'un poéte. – Paris : Bloud & Gay, 1924
Le Jeune Homme. – Paris : Hachette, 1926
Proust. – Paris : Lesage, 1926
La Province. – Paris : Hachette, 1926
La rencontre avec Pascal; suivi de L'Isolement de Barrès. – Paris : Editions des cahiers libres, 1926
La vie de Jean Racine. – Paris : Plon, 1928
Le Roman, 1928
Le Jeudi-Saint. – Paris : Flammarion, 1931
Souffrances et bonheur du chrétien. – Paris : Grasset, 1931
Le Romancier et ses personnages, 1933
Vie de Jésus, 1936
Sainte Marguerite de Cortone. – Paris : Flammarion, 1945
Du côté de chez Proust. – Paris : Table Ronde, 1947
Mes Grands hommes. – Monaco : Editions du Rocher, 1949
La mort d'André Gide. – Paris : Estienne, 1952
Paroles catholiques. – Paris : Plon, 1954
Bloc-notes, 1952-1957. – Paris : Flammarion, 1958
Le nouveau bloc-notes, 1958-1960. – Paris : Flammarion, 1961
De Gaulle. – Paris : Grasset, 1964
Le nouveau bloc-notes, 1961-1964. – Paris : Flammarion, 1968
Le nouveau bloc-notes, 1965-1967. – Paris : Flammarion, 1970
Le dernier bloc-notes, 1968-1970. – Paris: Flammarion, 1971
La paix de cimes : chroniques, 1948-1955. – Paris : Bartillat, 1999
 
Works translated into English
The Kiss to the Leper / translated by James Whitall. – London : Heinemann, 1923
Thérèse / translated by Eric Sutton. – London : Secker, 1928
The Desert of Love / translated by Samuel Putnam. – New York : Covici, Friede, 1929
Destinies / translated by Eric Sutton. – London : Secker, 1929
The Family/ translated by Lewis Galantière. – New York : Covici, Friede, 1930
Suspicion / translated by Harold F. Kynaston-Snell. – London : Nash & Grayson, 1931
Maundy Thursday / translated by Harold F. Kynaston-Snell. – London : Burns Oates & Washbourne, 1932
Vipers' Tangle / translated by Warre B. Wells. – London : Gollancz, 1933
God and Mammon / translated by Bernard Wall and Barbara Wall. – London : Sheed & Ward, 1936
Life of Jesus / translated by Julie Kernan. – London : Hodder & Stoughton, 1937
Asmodé, or The Intruder / translated by Basil Bartlett. – London : Secker & Warburg, 1939
The Eucharist : the Mystery of Holy Thursday / translated by Marie-Louise Dufrenoy. – New York : Longmans, Green, 1944. – (Republ. As Holy Thursday, 1991)
Woman of the Pharisees / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswoode, 1946
Thérèse: A Portrait in Four Parts / translated by Gerard Hopkins. – New York : Holt, 1947
Saint Margaret of Cortona / translated by Bernard Frechtman. – New York : Philosophical Library, 1948
The Unknown Sea / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswoode, 1948
The Desert of Love and The Enemy / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswoode, 1949
Great Men / translated by Elsie Pell. – London : Rockliff, 1949
Proust's Way / translated by Elsie Pell. – New York : Philosophical Library, 1950
The Knot of Vipers / translated by Gerard Hopkins. – Andover : Eyre & Spottiswode, 1951
That Which Was Lostand The Dark Angels / translated by J. H. F. McEwen. – London : Eyre & Spottiswoode, 1951
The Frontenac Mystery / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswoode, 1952
The Little Misery / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswoode, 1952
The Loved and the Unloved / translated by Gerard Hopkins. – New York : Pellegrini & Cudahy, 1952
The Stumbling Block / translated by Elsie Pell. – New York : Philosophical Library, 1952
Letters on Art and Literature / translated by Mario A. Pei. – New York : Philosophical Library, 1953
The Mask of Innocence / translated by Gerard Hopkins. – New York : Farrar, Straus & Young, 1953
Flesh and Blood / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswoode, 1954
The River of Fire / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswoode, 1954
The Lamb / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswoode, 1955
Words of Faith / translated by Edward H. Flannery. – New York : Philosophical Library, 1955
Lines of Life / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswode, 1957
Questions of Precedence / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswoode, 1958
September Roses / translated by Gerard Hopkins. – London : John Lane, 1958
Mémoires intérieurs / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswoode, 1960
The Son of Man / translated by Bernard Murchland. – Cleveland : World, 1960
The Stuff of Youth / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswoode, 1960
Second Thoughts : Reflections on Literature and on Life / translated by Adrienne Foulke. – Cleveland : World, 1961
Young Man in Chains / translated by Gerard Hopkins. – London : Eyre & Spottiswoode, 1961
What I Believe / translated by Wallace Fowlie. – New York : Farrar, Straus, 1963
Anguish and Joy of the Christian Life / translated by Harold Evans. – Wilkes-Barre, Pa.: Dimension, 1964
The Holy Terror / translated by Anne Carter. – London : Cape, 1964
De Gaulle / translated by Richard Howard. – London : Bodley Head, 1966
The Inner Presence : Recollections of My Spiritual Life / translated by Herma Briffault. – Indianapolis : Bobbs-Merrill, 1968
Maltaverne / translated by Jean Stewart. – London : Eyre & Spottiswoode, 1970

The Swedish Academy, 2007

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MLA style: "François Mauriac - Bibliography". Nobelprize.org. Nobel Media AB 2014. Web. 14 Mar 2018. <http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1952/mauriac-bibl.html>

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François Mauriac, né le à Bordeaux et mort le à Paris, est un écrivainfrançais. Lauréat du Grand prix du roman de l'Académie française en 1926, il est élu membre de l'Académie française au fauteuil no 22 en 1933. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1952[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille, enfance, et formation[modifier | modifier le code]

François Mauriac naît le dans la maison familiale du 86, rue du Pas-Saint-Georges à Bordeaux[2], fils de Jean-Paul Mauriac (1850-1887), marchand de bois merrains et propriétaire terrien dans les Landes de Gascogne, et Claire Mauriac née Coiffard, héritière d'une famille du négoce bordelais[3],[4].

Dernier d'une fratrie composée d'une sœur aînée, Germaine (1878-1974), et de trois frères, Raymond (1880-1960), Jean (1881-1945) et Pierre (1882-1963), François Mauriac est orphelin de père à vingt mois, après la mort subite de celui-ci à la suite d'un « abcès au cerveau » le 11 juin 1887[2],[4]. Il vit toute son enfance très entouré par une mère très pratiquante, dont il est le fils préféré et celui qui gère toutes les affaires familiales, par sa grand-mère Irma Coiffard (née Abribat) et sous le tutorat de son oncle Louis Mauriac, magistrat (seul frère cadet de son père)[3].

François Mauriac fait à partir de 1892, ses études primaires puis secondaires chez les Marianistes de l'institution Sainte-Marie Grand-Lebrun à Caudéran[5], où il fera la rencontre d'un ami d'une vie, André Lacaze[6].

Outre les divers logements que la famille occupe à Bordeaux, son adolescence est marquée par plusieurs lieux girondins qui tous, marqueront profondément son œuvre : Gradignan où sa grand-mère Irma possède le « Château-Lange »[7], les Landes de Gascogne autour de Langon, Verdelais et surtout l'été à Saint-Symphorien, tous ces bourgs dominés par la bourgeoisie viticole ou ayant fait fortune dans l'exploitation forestière, aux climats lourds de secrets étouffés qu'il peindra dans la plupart de ses romans.

Après avoir écrit, dans son enfance, de petits textes et poèmes, il compose à treize ans sa première réelle œuvre, un mélodrame de jeunesse intitulé Va-t'en ![8], dédié à sa sœur Germaine[9].

En 1902, la mort de sa grand-mère Irma est un profond choc pour l'adolescent qu'il est, constatant la profonde hypocrisie de sa famille religieuse et bourgeoise qui se partage déjà l'héritage à côté de l'agonisante[10],[4].

François Mauriac rate la seconde partie du baccalauréat de philosophie et doit redoubler, préférant refaire une année au lycée public de Bordeaux[10]. Dans cet établissement il a notamment pour professeur, Marcel Drouin, beau-frère d'André Gide, qui lui fait découvrir les textes de Paul Claudel, Francis Jammes, Henri de Régnier, Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire, Colette et Gide (notamment L'Immoraliste et Les Nourritures terrestres qui le marqueront), tous proscrits dans sa famille et chez les pères, finissant ainsi de constituer son corpus littéraire personnel[11]. Il découvre également à cette époque les textes et idées de Maurice Barrès qui marqueront sa jeunesse[4].

Après son baccalauréat obtenu en juillet 1904, il étudie la littérature à la faculté de Bordeaux, sous la direction de Fortunat Strowski[4]. Il a alors pour condisciple Jean de La Ville de Mirmont et se lie d'amitié avec André Lafon.

À cette époque, il habite toujours avec l'ensemble de sa famille, dans divers appartements et immeubles de Bordeaux, dont le 15 rue Rolland de 1903 à 1907[12] et fréquente à partir de 1905 les cercles bordelais du Sillon de Marc Sangnier, mouvement catholique « ouvriériste » dont il se sent proche mais qui le laisse insatisfait[13] et dont il s'écarte définitivement en juin 1907[4],[14].

Sa famille l'envoie avec une rente annuelle de 10 000 francs[15] à Paris, où il s'installe le — tout d'abord dans une pension étudiante de frères maristes au no 104 de la rue de Vaugirard où il réside un an avant d'être exclu, puis quelques mois dans l'hôtel l'Espérance voisin, et enfin seul en 1909 au cinquième étage du no 45 de la rue Vaneau[16] — pour préparer l'École des chartes qu'il intègre mais abandonne presque aussitôt[4] pour se consacrer entièrement à l'écriture en publiant des poèmes, à son compte, dans la Revue du temps présent.

De 1913 à 1930, il réside au 89, rue de la Pompe (16e arrondissement de Paris). De 1930 à sa mort, en 1970, il vit au 38, avenue Théophile-Gautier, dans le même arrondissement.

Années 1910 et 1920[modifier | modifier le code]

Son premier volume de poèmes, Les Mains jointes, est publié en 1909. Bien que retenant l'attention des milieux littéraires et notamment, depuis 1910, de Maurice Barrès, auquel il voue un véritable culte, Mauriac ne sera connu du grand public qu'une dizaine d'années plus tard.

En 1913, il épouse Jeanne Lafon (1893-1983), rencontrée chez leur amie commune Jeanne Alleman, auteur qui publie sous le pseudonyme masculin de Jean Balde, et elle lui donne un premier fils, Claude, en 1914, année de la publication de La Robe prétexte. Ses autres enfants, Claire, Luce, et Jean naîtront respectivement en 1917, 1919 et 1924.

Sa carrière littéraire est interrompue par la Première Guerre mondiale, durant laquelle il s'engage un temps, bien que réformé et de santé précaire, dans un hôpital de la Croix-Rouge à Salonique. Après la victoire de 1918, il reprend ses activités et publie, en 1921, Préséances, qui le brouille pour longtemps avec la bonne société bordelaise, puis, en 1922, Le Baiser au lépreux.

S'appuyant sur des sources écrites, l'ouvrage biographique de Jean-Luc Barré s'attache au fait que François Mauriac a éprouvé à partir de 1924 une brûlante passion pour le jeune écrivain suisse Bernard Barbey, passion sans doute non réciproque eu égard à l'hétérosexualité de ce dernier [17],[18]. L'information selon laquelle Mauriac éprouvait des attirances homosexuelles avait été communiquée par Daniel Guérin dans une interview publiée dans le livre de Gilles Barbedette et Michel Carassou, Paris gay 1925 publié aux Presses de la Renaissance. Cette information est vérifiable dans la correspondance qu'il a reçue de Mauriac, conservée à La contemporaine, en opposition avec la volonté de l'écrivain de la récupérer et de la détruire.

Succès littéraire[modifier | modifier le code]

Dans une vie d'abord marquée par les mondanités littéraires (jeune, il fréquente les salons, notamment celui de Natalie Clifford Barney et surtout celui de la comtesse Anna de Noailles), puis par des engagements politiques guidés notamment par un idéal chrétien socialisant (il suit un temps le Sillon de Marc Sangnier et s'oppose à l'Action française), Mauriac est avant tout occupé par la composition d'une œuvre romanesque où il se révèle un analyste des passions de l'âme et un pourfendeur de la bourgeoisie provinciale (Genitrix, Le Désert de l'amour, Thérèse Desqueyroux, Le Nœud de vipères, Le Mystère Frontenac). La plupart de ses romans évoquent le conflit entre la foi et la chair, et développent plusieurs images récurrentes comme le « désert » spirituel que ses personnages doivent traverser.

La qualité de ses romans et de sa poésie lui vaut d'être triomphalement élu à l'Académie française le 1er juin 1933 au premier tour contre Edmond Sée par 28 voix et 3 bulletins blancs sur 31 votants. Le , lors de sa réception, il doit néanmoins endurer le discours peu flatteur d'André Chaumeix[19].

Un écrivain engagé[modifier | modifier le code]

Tout en poursuivant son œuvre littéraire (La Fin de la nuit, première suite de Thérèse Desqueyroux, Les Anges noirs), il prend part à de nouveaux combats politiques, notamment au moment de la guerre d'Espagne, d'abord en faveur des Nationalistes avant de se ranger, dès le bombardement de Guernica connu, avec les chrétiens de gauche qui s'expriment dans les revues Esprit ou Sept, aux côtés des Républicains espagnols (cf. ses articles dans Le Figaro et Temps présent). Cet engagement provoquera une première rupture avec sa famille politique. Robert Brasillach lui dédicacera son ouvrage sur la guerre d'Espagne : « à F.M. égaré[20] ».

Sous l'Occupation, après quelques hésitations devant la Révolution nationale lancée par le maréchal Pétain[réf. nécessaire], il publie en 1941La Pharisienne, qui peut se lire en creux comme une critique du régime de Vichy et qui lui vaut d'être désigné comme « agent de désagrégation » de la conscience française par les thuriféraires de l'Ordre nouveau. Au sein de l'Académie française, il fait partie avec Georges Duhamel (qui devient secrétaire perpétuel provisoire en 1942), Louis Gillet et Paul Valéry du petit groupe tenant tête à la fraction pétainiste de l'institution[21],[22]. Il adhère au Front national des écrivains et participe à l'œuvre de Résistance à travers la presse clandestine (Les Lettres françaises notamment). Il fait paraître en 1943, aux Éditions de Minuit, sous le pseudonyme de « Forez », Le Cahier noir, qui est diffusé sous le manteau.

Au moment de l'épuration, il intervient en faveur de l'écrivain Henri Béraud, accusé de collaboration. Il signe la pétition des écrivains en faveur de la grâce de Robert Brasillach, qui est condamné à mort et qui sera malgré cela exécuté. Cet engagement lui vaut le surnom de « Saint-François-des-Assises »[23]. Il rompt peu après avec le Comité national des écrivains en raison de l'orientation communiste du comité et participe à la revue des Cahiers de La Table ronde, où de jeunes écrivains de droite, qu'on appellera plus tard les Hussards, feront leurs débuts. Entre 1946 et 1953, éditorialiste au Figaro, F. Mauriac s'illustre par la virulence de son anticommunisme dans le contexte de la Guerre froide[24]. À la Libération, il fait l'objet de violentes attaques dans la revue d'extrême droite Écrits de Paris de la part de Jean Maze (sous le pseudonyme « Orion ») qui a cité F. Mauriac dans son Nouveau Dictionnaire des Girouettes (Écrits de Paris no 68, juin 1950, page 100).

Ferhat Abbas déclare, dans ses révélations sur la guerre d'Algérie, s'être réjoui de la visite dans le pays d'hommes politiques ou d'intellectuels, tels que Mauriac, qui ont défendu la vérité selon laquelle avant l'indépendance « il y avait en Algérie 10 millions de musulmans qui n'étaient pas français ».[réf. nécessaire]

Le prix Nobel[modifier | modifier le code]

En 1952, l'année où paraît son roman Galigaï, François Mauriac reçoit le prix Nobel de littérature pour « la profonde imprégnation spirituelle et l'intensité artistique avec laquelle ses romans ont pénétré le drame de la vie humaine »[25]. Polémiste vigoureux, d'abord absent du débat sur la guerre d'Indochine (Vercors lui reprochera son silence), il prend ensuite position en faveur de l'indépendance du Maroc et de la Tunisie, puis de l'Algérie, et condamne l'usage de la torture par l'armée française (L'Imitation des bourreaux de Jésus-Christ). Il préside aussi le Comité de soutien aux chrétiens d'URSS.

Il s'exprime notamment dans son Bloc-notes, qui paraît d'abord dans la revue de La Table ronde, ensuite dans Le Figaro, puis dès 1955 dans L'Express, que viennent de créer Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber, avant de reparaître à partir de 1961 et jusqu'à la fin dans Le Figaro.

Il soutient un temps Pierre Mendès France sous la IVe République, mais le putsch des généraux à Alger précipite son ralliement sans faille au général de Gaulle sous la Ve République. Au cours des années 1960, il donne une suite à ses Mémoires intérieurs (1959), avec les Nouveaux mémoires intérieurs (1965), et publie ses Mémoires politiques (1967), ainsi qu'une hagiographie du Général, De Gaulle (1964), auquel il demeurera fidèle jusqu'au bout.

Son dernier roman, Un adolescent d'autrefois reçoit un accueil enthousiaste de la critique en 1969. Une suite, Maltaverne, demeure inachevée et sera publiée de manière posthume en 1972.

François Mauriac meurt à Paris le et est enterré au cimetière de Vémars (Val-d'Oise). Ses œuvres complètes ont été publiées en douze volumes entre 1950 et 1956. Une édition complète de ses œuvres romanesques et théâtrales a été éditée dans la collection de la Bibliothèque de la Pléiade, en quatre volumes, parus entre 1978 et 1985 ; elle est suivie en 1990 d'une édition de ses œuvres autobiographiques.

Claude Mauriac et Jean Mauriac, ses fils, et Anne Wiazemsky, sa petite-fille, sont aussi écrivains. Luce Mauriac, sa fille, a publié un roman en 2008.

Le domaine de Malagar, à Saint-Maixant, qui fut le lieu de la fin de l'adolescence et que l'écrivain reçut en 1927 à la suite d'un partage familial, est aujourd'hui propriété du Conseil régional d'Aquitaine. Cette maison d'écrivain, transformée en centre culturel, est désormais ouverte à la visite.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans, nouvelles, récits[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

Essais, recueils d'articles[modifier | modifier le code]

  • 1920 : De quelques cœurs inquiets. Petits essais de psychologie religieuse (Société littéraire de France)
  • 1926 : Le Jeune Homme (Hachette)
  • 1926 : La Province (Hachette ; réédition Arléa, 1988)
  • 1928 : Le Roman (L'artisan du livre)
  • 1928 : La Vie de Jean Racine (rééd. Paris, Perrin, 1999)
  • 1928 : Divagations sur Saint-Sulpice (Edouard Champion et ses amis)
  • 1929 : Dieu et Mammon
  • 1930 : Trois Grand Hommes devant Dieu, éd. du Capitole
  • 1931 : Le Jeudi-Saint
  • 1931 : Pèlerins (Editions de France) (nouv. éd. Plon, 1933, sous le titre "Pèlerins de Lourdes")
  • 1931 : Souffrances et bonheur du chrétien
  • 1931 : Blaise Pascal et sa sœur Jacqueline
  • 1931 : Fauteuil XXX : René Bazin (dans la collection "Les Quarante", Librairie Félix Alcan)
  • 1931 : L'Affaire Favre-Bulle (Grasset)
  • 1933 : Le Romancier et ses personnages
  • 1936 : La Vie de Jésus (rééd. Seuil, 1999)
  • 1939 : Les Maisons fugitives (Grasset)
  • 1945 : Le Bâillon dénoué (Grasset)
  • 1945 : La Rencontre avec Barrès (rééd. La Table ronde, 1994)
  • 1947 : Du côté de chez Proust, La Table ronde, 1947
  • 1949 : Mes grands hommes (Editions du Rocher)
  • 1958 - 1971 : Bloc-notes, Seuil, 5 vol.
  • 1958 : Le Fils de l'homme
  • 1981 : Souvenirs retrouvés - Entretiens avec Jean Amrouche, éd. Fayard/INA
  • 1996 : Mozart et autres écrits sur la musique, éd. Encre marine
  • 2000 : La Paix des cimes : chroniques, 1948-1955, éd. Bartillat
  • 2004 : D'un bloc-notes à l'autre : 1952-1969, éd. Bartillat
  • 2008 : Téléchroniques, 1959-1964, éd. Bartillat

Mémoires[modifier | modifier le code]

Autobiographie, discours et correspondance[modifier | modifier le code]

  • 1925 : Bordeaux, version première des Commencements d'une vie (L'Esprit du Temps, 2009)
  • 1932 : Commencements d'une vie
  • 1933 : Discours de réception à l'Académie française (Institut de France, hors commerce) (éd. Grasset, 1934)
  • 1934 : Journal I (Grasset)
  • 1937 : Journal II (Grasset)
  • 1939 : Hiver (paru en 1941 chez Flammarion, dans le recueil collectif La Guirlande des années)
  • 1940 : Journal III (Grasset)
  • 1947 : Réponse à Paul Claudel à l'Académie française (Institut de France, hors commerce) (éd. La Table ronde, 1947)
  • 1952 : Journal du temps de l'occupation (dans les Œuvres complètes, Librairie Arthème Fayard)
  • 1953 : Écrits intimes
  • 1981 : Lettres d'une vie, 1904-1969
  • 1989 : Nouvelles Lettres d'une vie, 1906-1970

Biographie[modifier | modifier le code]

  • 1924 : La vie et la mort d'un poète (dédiée à son ami André Lafon ; éd. Bloud et Gay)
  • 1945 : Sainte-Marguerite de Cortone (Flammarion)
  • 1976 : Lacordaire (éd. Beauchesne)

Scénario[modifier | modifier le code]

Œuvres complètes[modifier | modifier le code]

  • Œuvres complètes, Librairie Arthème Fayard, coll. Bernard Grasset, 1950-1956, 12 vol.
  • Œuvres romanesques et théâtrales complètes, dirigées par Jacques Petit, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1978-1985, 4 vol.
  • Œuvres autobiographiques complètes, dirigées par François Durand, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1990.

Préfaces[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

En 1994, l'État et la ville de Paris rendent hommage à l'écrivain en baptisant de son nom le quai François-Mauriac, aux pieds de la Bibliothèque nationale de France, dont c'est l'adresse officielle, dans le 13e arrondissement.

Par ailleurs, deux prix littéraires portent son nom :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ↑« François Mauriac vous parle », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris(consulté le 26 décembre 2017)
  2. a et bBarré (2009), p. 28-29
  3. a et bBarré (2009), p. 39-42
  4. a, b, c, d, e, f et gBibliothèque de la Pléiade (1978), p.XCI-CXIII.
  5. ↑Barré (2009), p. 55 et 72
  6. ↑Barré (2009), p. 84
  7. ↑Barré (2009), p. 46
  8. Va-t'en !, Appendice I du tome I des Œuvres romanesques et théâtrales complètes de Mauriac, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 1978, (ISBN 2-07-010931-3)p. 913-925.
  9. ↑Barré (2009), p. 80
  10. a et bBarré (2009), p. 93-99
  11. ↑Barré (2009), p. 105-106
  12. ↑Barré (2009), p. 103-104
  13. ↑Barré (2009), p. 108-113
  14. ↑Selon Émile Poulat, « sa foi dans le Christ de l'histoire évangélique s'opposait énergiquement au Christ de la foi proposée par la critique moderniste. Sa Vie de Jésus, dont le titre même sonne comme un défi, est l'aboutissement d'une longue méditation; l'adversaire pour lui n'est plus Renan mais Loisy, qu'il prend à partie avec violence dans la préface de la deuxième édition.» (Émile Poulat, Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste
Plaque sur la maison natale de François Mauriac, à Bordeaux.
Le domaine de Malagar, dont François Mauriac hérita en 1927 et où il écrivit une grande partie de son œuvre.
Le prix Nobel de François Mauriac (1952).
François Mauriac en 1952.
Couverture du livre "Le cahier noir" de Forez (pseudonyme de guerre de François Mauriac)

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